Je réalise les objets de la collection SWEET SMOKE avec des grès contenant de la chamotte (des fragments plus ou moins gros de terre déjà cuite). C’est ce qui permet à la terre de supporter les chocs thermiques, et aux céramistes d’explorer différentes techniques d’enfumage proposées depuis le début du vingtième siècle en prolongement de la pratique traditionnelle du raku.
Après le modelage les objets sont décorés avec des terres sigilées, des jus d'oxydes, des engobes. Mon geste est libre, guidé par les contours des pièces, les outils sont souvent fabriqués avec des fibres et végétaux collectés.
Cuits une première fois à 980° C, ils sont ensuite partiellement émaillés. A la dernière étape de l’enfumage le carbone s’incruste dans les craquelures des parties émaillées et révèle le réseau de nervures crée par le choix de l’émail, son application, le choc thermique...
En contraste avec les zones émaillées, colorées et brillantes, les fumées imprègnent la terre des parties laissées brutes qui sont mates, plus ou moins grises, jusqu’à noires selon la conduite de l'enfumage.
La température, la durée et la nature de l’atmosphère de la dernière cuisson (oxydante, réductrice, types de fumées) sont décisifs pour l’aspect des pièces.
Tressaillage, nom masculin
Fines craquelures dans la couche d'émail d'une pièce céramique, permettant aux fumées d'imprégner la matière lors d'une cuisson raku.
Cette collection rassemble des coupes, vases et bols en grès chamotté, façonnés puis enfumés selon des techniques occidentales modernes issues du raku traditionnel.
L'émail craquelé capte le carbone en surface ; les parties mates restent grises ou noires, saturées par les fumées. Je joue sur les contrastes de textures, de brillance, de profondeur — la fumée révèle l'empreinte du feu.








